Cartable kawaii : Histoire d'un projet - Part 2
C'est l'histoire d'un pari avec moi-même, celui de réaliser un sac à main personnalisé suffisamment beau pour qu'une femme soit fière de le porter. Je le voulais pratique, robuste, soigné et original.
Le projet de sac m'a pris presque 3 mois pleins, pas loin de 100 heures de travail dont la plupart à coudre les pièces entre elles.
Autant que je me souvienne, je n'ai jamais passé autant de temps sur une pièce unique de ce genre. Le travail réalisé n'étant pas pour moi, il se devait d'être d'autant plus soigné. Le design a été travaillé avec la personne à qui il était destiné.
Comment découper les pièces ?
Avec prudence ! La première étape consiste à tracer la forme sur le cuir avec un crayon ou un stylo fin, du côté chair afin de ne pas marquer définitivement le cuir. Sur ce modèle, les façades sont des trapèzes légèrement évasés vers le bas tandis que le fond est une sorte de grande bande de cuir qui va en s'amincissant aux extrémités.
Les perçages sont marqués avec une fourchette puis réalisés avec une alène de sellier (avec une pointe en forme de losange). Cette alène coupe le cuir selon une petite ligne dans laquelle vont passer les fils. Chaque couture est en effet doublée : J'enfile 2 aiguilles sur un fil d'un mètre de long que je referme en boucle à l'aide d'un nœud solide. Je finis la couture selon le point de sellier classique. Chaque trou voit passer 4 fils !
Astuce : Je ne passe pas les deux aiguilles en même temps mais l'une après l'autre. Afin de ne pas piquer dans le premiers fils avec la deuxième aiguille, il faut tirer sur les premiers fils pour les tendre et les amener sur une des extrémité du perçage pendant que l'on pique les seconds. Cette technique permet un bon serrage des points, une esthétique correcte et une solidité à toute épreuve.
Le sac en cours de montage :
Le montage se heurte à des contraintes : Il faut avoir une idée assez exacte du résultat que l'on veut obtenir pour ne pas monter une pièce avant une autre. En effet : certaines coutures ne peuvent pas être effectuées si l'espace pour manœuvrer les aiguilles est trop restreint.
On voit ici la poche de devant avant la mise en place de la façade.
Ici l'arrière du sac. Le rabat sera cousu par dessus cette pièce, en partie haute. La couture m'aura d'ailleurs posé pas mal de problèmes à cause des multiples épaisseurs de cuir traversées.
Le détail de la poche arrière. J'ai choisi d'ajouter de la difficulté en y mettant une fermeture éclair. On distingue au dessus de celle-ci un petit défaut de raccord. N'oublions pas que ce modèle est un prototype et que je fais ça sans plan (ou presque) et sans jamais avoir appris ! Cette partie là n'étant pas visible une fois le sac fermé, je m'autorise ce genre d'écarts.
La poche avant est enfin fermée. A ce stade, il reste encore au moins 30 heures de travail ! On peut voir sur ce cliché indiscret que le fond reste "brut" et garde les marques présentes sur le cuir à l'achat.
On avance encore ! Le bandeau blanc est fixé et la pression est montée. On voit un drôle de petit détail en haut... Ne serait-ce point là un petit écureuil volant (Pteromys Volans) en train de déployer son patagium ?
A ce stade de la réalisation se dessine le problème du rabat : Pour que les bandes du rabat tombent en face des bandes de la façade, il faut calculer assez précisément la longueur. En effet : Si le rabat est trop long, il fermera mal et l'esthétique sera ratée. S'il est trop court, il ne fermera tout simplement pas.
Heureusement pour moi, j'ai calculé correctement la bonne longueur (au deuxième essai, certes) pour le rabat. On voit ici un pré-montage du nœud sur le croisillon de bandes blanches. En réalité, les "pattes" sous le nœud passeront par une ouverture faite dans la pièce blanche et seront cousues fermement avec.
Le sac terminé :
Après toutes ces émotions, voici le sac une fois achevé.
Je n'ai pas repris l'idée de la poignée torsadée et j'ai préféré mettre une poignée rigide. Les pièces sont assemblées avec un fort serrage réalisé à la couture. La sangle est composée de deux rubans cousus l'un sur l'autre.
Le détail de l'intérieur du rabat. Les points sombre sont dus aux fils brûlés pour sécuriser les nœuds. Ces choses là auraient dues être cachées entre deux épaisseurs de cuirs mais quelques erreurs de conception m'ont interdit de reprendre le travail : Je suis tombé à cours de matière et ne pouvais plus tailler de nouvelle pièce assez grande pour remplacer la première. Tant pis ! L'important c'est que ce ne soit pas visible de l'extérieur.
Je cloture cet article avec une grande photo du côté du sac, pour en voir les détails de couture et de montage.
J'espère que cet article vous aura plu. J'attends vos commentaires sur cette réalisation qui est devenue - selon moi - mon chef-d'œuvre le plus abouti.