Dimanche 7 février 2010
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17:00
Tout a commencé en été 2009, par un bel après-midi au soleil au bord de la côte Atlantique. Ma fille
trempait ses pieds dans les derniers rouleaux d'écumes de la marée montante, ceux que les vagues apportent sur le sable encore sec. Je l'ai vue soudain se baisser, saisir un objet et courir dans ma
direction.
J'ai d'abord cru à un résidu de goudron, pierres noires et poisseuses aglomérées de sable qui se déposent parfois sur les plages de notre littoral. Il s'agissait en fait d'un morceau de bois flotté
dense et impregné d'eau. J'étais fasciné par sa couleur noire, son grain serré et sa forme cubique quasiment parfaite. En séchant, j'ai vu se dessiner une légère fissure sur toute la hauteur. Je
décidais de garder l'objet.
Le soir même, je séparais le bloc en deux morceaux qui se détachèrent nettement selon un plan presque parfait. Je pu constater la forte odeur d'iode que l'opération avait produite. En regardant le
plus gros morceau, je sus ce que je devais en faire.
Voici donc ce que j'ai réalisé : Une idole du grand Cthulhu qui dort au fond de l'océan dans sa citée engloutie de R'lyeh. Cette
statuette trône sur un meuble de mon salon, jamais très loin de mon ordinateur.
J'ai commencé à sculpter dès que j'ai retrouvé mes outils, en commençant par le haut. D'abord en dégrossissant à la fraise scie puis à l'aide d'autres outils, tous adaptables à ma perceuse de
modéliste.
Quelle odeur entêtante ! A chaque coup de fraise un peu profond, une fragrance d'iode m'emplit les narines. Combien de temps ce morceau de bois à-t-il passé en mer ? Les traces d'usure présents sur
sa surface me parlent d'années mais la statuette, elle, demeure muette sur la durée réelle de son séjour sous l'eau. Une éternité peut-être ?
Pour parfaire la finition, j'ai poli légèrement le bois avant de l'enduire de quelques gouttes d'huile de lin passée au pinceau. L'aspect luisant et sombre de la statuette à ce moment avait
vraiment quelque chose de maléfique !
J'ai cherché à savoir quel était ce bois presque noir, dense et dur, presque impossible à entamer. Mon premier réflexe a été de penser à l'ébène, puis je me suis ravisé : Je possède un longbow de
fabrication anglaise avec des poupées d'ébène et le bois que j'avais sous la main ne ressemblait en rien à ce que je connaissais déjà.
J'ai ensuite pensé au
palissandre, un bois lui aussi dense et lourd et qui était très prisé pour l'ameublement au XVIIIè.
Malgré celà, je n'ai aucune certitude sur la provenance de ce matériau. La seule chose dont je sois sûr, c'est qu'il m'a été apporté par une jolie sirène qui l'a recueilli au creux d'une vague de
l'océan Atlantique...
Par Azash
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Publié dans : Atelier / Fabrication
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